MEMOIRE DE LA TERRE
MEMOIRE DE LA TERRE

J'ai juste fait une retraduction littérale des proverbes pour tente d'en garder le profil rythmique et les parallélismes. Enfin pour plus de lisibilité.

J'ai également procédé à l'harmonisation orthographique de certains mots, voire de certains textes, en ajoutant, le cas échéant, certaines variantes.

 

Je dois dire que ce livre est un manuel de civilisation très documenté et qui sera d'une grande utilité pour l'enfant Congolais.

 

Auguste Miabeto.

 

LIVRE MAQUETTE

 

Document de travail

 

(Uniquement textes sans illustrations)

 


Page 2 de couverture

 

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Ce livre est produit à l’initiative de

[Logo de l’association]

Association Mémoire de la Terre & Développement

Association Loi 1901 d’intérêt général.

Ayant sa pleine capacité juridique - JO du 20 décembre 2003

Siège social : Maison des Associations 15 avenue Jean-Baptiste Clément 92140 Clamart

Adresse postale : BP 115 - 92 140 Clamart

CCP : La Source 48 749 14 K

Présidente : Hélène Saverny –Contact : contact@memoiredelaterre.com

La caution scientifique a été assurée par le laboratoire

[Logos du labo et de l’UDS]

Unité Mixte de Recherche 7236 – Centre National de la Recherche

Directeur : Pascal Hintermeyer

 

© Mémoire de la Terre 2012

 

ISBN 978-2-36085-032-7

 

 

 

 

Page 2

 

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Cet ouvrage n’aurait pu voir le jour sans les aides précieuses de :

  • L’école Notre Dame de la Confiance, à Kinsoundi-Barrage, son directeur le Père Vianney Kiabiya, les religieuses Trinitaires qui l’administrent (tout particulièrement les Sœurs François de Sales, Pascale et Sylvie Valérie), les professeurs, les élèves (« les enfants écrivains de la brousse ») et leurs parents,
  • Le Père Simplice Mbakha qui fut, en 2009, notre premier guide,
  • L’école KNKM, à Makélékélé, ses administrateurs (Maurice Kossa, Philippe Nzalabaka, Antoine Kiyindou et Gabriel Malonga), les professeurs et leurs élèves,
  • Auguste Miabeto, enseignant retraité, spécialiste des traditions orales, anthropologue,
  • Et des nombreux soutiens amicaux de personnalités congolaises ou françaises, toutes passionnées par la culture Kongo, notamment le père Adolphe Tsiakaka.

 

Cet ouvrage a reçu le soutien des Ministères congolais de la Culture et des Arts en la personne de M. le Ministre Jean-Claude Gakosso et de l’Enseignement Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation en la personne de Mme la Ministre Rosalie Kama Niamayoua.

 

La collection « Les enfants écrivains de la Brousse :

 

Le poète malien, Amadou Hampâté Bâ (1900-1991), lors d’un discours à l’UNESCO « pour une action urgente pour la récolte et le sauvetage des traditions orales », en 1962, lança cette phrase devenue emblématique : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »

 

Dans de nombreux pays de traditions orales, des événements parfois terribles (guerres, épidémies, exodes, catastrophes écologiques, …), ou plus simplement la mondialisation, la modernité – et leurs effets – ont érodé les formes ancestrales de la transmission. Des pans entiers de culture s’effritent et, quelquefois, disparaissent. Des jeunes ignorent leurs racines, des vieux n’ont plus la place et la reconnaissance d’antan ; les mémoires sont emplies de trous et de vides… Or, nous postulons que, pour avoir un futur, toute personne doit avoir une mémoire !

 

Cette collection se veut traces pour les générations à venir.

Son objectif : recueillir des traditions orales pour les enfants.

Sa méthode : recueillir ces traditions orales par les enfants.

Sa pertinence : faire valider les matériaux recueillis par des experts du pays et des cultures concernées.

 

 

 

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Collection « Les enfants écrivains de la brousse »

[Logo de l’association]

 

 

 

Sous la direction de

Thierry Goguel d’Allondans et Valérie Béguet

 

 

 

TRADITIONS ORALES DU CONGO BRAZZAVILLE

L’usage de la parole chez les Kongo…

 

Pour avoir un futur,

Toute personne doit avoir une mémoire !

 

 

 

 

 

□ Téraèdre – Mémoire de la Terre & Développement

2012

 

 

 

 

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Introduction

 

« Parler c’est exister absolument pour l’autre […]

C’est surtout assumer une culture, supporter le poids d’une civilisation. »

Frantz Fanon.

 

Dès sa naissance, l’enfant baigne dans le langage. La langue maternelle s’offre comme première matrice de sens. Puis, chacun de sa place, hommes et femmes, jeunes et vieux, proches parents et parents éloignés, membres de la communauté et étrangers de passage, conversent, dialoguent, débattent, échangent les savoirs et les connaissances. La mémoire est une commune richesse. Dans les pays de traditions orales, l’éducation est aussi l’affaire de tous ; un adulte est responsable, dans l’espace public, des enfants qui y vivent, y jouent, y grandissent, même si ceux-ci ne sont pas les siens. Le dehors (la brousse, les champs, les rues,…) est une école sans murs, mais non sans maîtres, chacun y apprend et y enseigne. Par ailleurs, chaque communauté villageoise, chaque clan, a un espace dédié à la transmission c’est-à-dire à la palabre et, par là-même, à la pédagogie.

                Ce livre démarre une collection « Les enfants écrivains de la brousse », le recueil de traditions orales « pour » les enfants mais également « par » les enfants, avec l’aide des adultes. À ce titre, il est un outil pédagogique, pour les maîtres comme pour les élèves. Ce premier opus s’ouvre avec le Congo Brazzaville, d’autres projets identiques sont en cours au Cameroun, à Madagascar, à Mayotte, entre autres… Si chaque ouvrage s’adresse d’abord aux enfants du pays concerné, il a l’ambition d’intéresser aussi tous les enfants du Monde, « enfants de tous pays et de toutes couleurs » comme chantent les poètes, d’abord parce que bien des traditions se répondent l’une l’autre, mais aussi parce que connaître la culture des autres permet, alors sans appréhension, de les rencontrer. Nous avons conçu ce matériel pédagogique pour un public « cible », mais non exhaustif, les collégiens, élèves de la 6ème à la 3ème, enfants de 11 à 15 ans, celles et ceux que les sociologues nomment « préadolescents ». Nous avons pu remarquer, sur le terrain, que ce sont eux qui ont le plus investis ce projet. Les enfants sont encore dans les jeux et préoccupations de leurs âges, quant aux adolescents et aux jeunes adultes ils ont à cœur, d’abord, leur projet de formation, leur avenir. Les préadolescents sont disponibles et, à partir de leurs repères culturels, commencent à s’intéresser au Monde, à l’au-delà de leurs environnements. Inscrits dans leur propre culture, ils pourront appréhender sereinement d’autres références, d’autres modèles, d’autres valeurs…

                Nous avons pris l’option d’approcher les traditions orales du Congo Brazzaville à partir des Kongo et, parmi eux, plus particulièrement les Lari. Les Lari sont une ethnie récente issue de l'ensemble culturel Kongo. En effet, l'urbanisation coloniale au Congo, avec Brazzaville comme capitale, au cœur même des zones d'habitations des kongos, a vu plusieurs sous-groupes se fondre et donner naissance à cette identité. Ainsi, des Sundi, desTéké, des Yaka, entre autres, se sont identifiés Lari dès le début du XXème siècle. Aujourd'hui leur nombre est estimé à 1,2 million d'individus, soit plus d’un quart de la population. Ils vivent essentiellement dans les villes de Brazzaville, Pointe-Noire, dans la région du Pool, où ils constituent la quasi-totalité de la population, mais également dans les régions du Niari, de la Bouenza, de la Lékoumou et du Kouilou. Cette urbanité a permis un ancrage et un développement de la langue lari qui peut être considérée comme un des nombreux parlers kikongo au même titre que le munukutuba (ou kituba), le lingala. Outre son poids démographique et son influence dans la vie quotidienne, notamment sur les marchés, on y retrouve tout le corpus culturel kongo ancien, littéraire (oral), de contes, légendes, proverbes, ou autres, ceci justifiant notre choix.

Thierry Goguel d’Allondans et Valérie Béguet

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Le Congo Brazzaville : bref historique

 

Il y a fort longtemps, avant l’arrivée des premiers explorateurs Portugais (XVème siècle), tout le sud de la République du Congo (Congo-Brazzaville) faisait partie, avec le sud-ouest de la République Démocratique du Congo (Congo-Kinshasa), le nord de l’Angola et une partie du Gabon, du vaste Royaume Kongo. L’origine des flux migratoires est incertaine. Certains scientifiques pensent que, vers l’an 500, des groupes, fuyant probablement l’assèchement du Sahara, sont parvenus, par le Nigéria et le Cameroun, jusqu’au fleuve Congo. Le Royaume se serait constitué vers 600 ou 700.

Le mythe des origines est bien plus imagé. La légende la plus connue rapporte que l’ancêtre primordial (Nkâka ya kisina) des Bakongo serait une femme nommée Nzinga, fille de Nkuwu et épouse de Nimi. La société traditionnelle Kongo était matriarcale, il n’est donc pas étonnant que l’histoire débute au féminin, sinon réellement, du moins symboliquement. La généalogie de Nzinga se poursuit avec ses trois enfants, deux garçons jumeaux et une fille, respectivement N'vita Nimi, Mpânzu a Nimi et Lukeni Lwa Nimi. C’est à partir de cette descendance initiale que vont s’organiser les lignages qui suivront. Les frères et apparentés de Nzinga seront les maîtres des terres, capables de maîtriser les énergies telluriques. Les descendants de N’vita Nimi, l’aîné, seront les médiateurs, les maîtres de la palabre. Les enfants de Mpânzu a Nimi auront les habiletés manuelles tant pour l’agriculture que pour les travaux de la mine. Lukeni Lwa Nimi, est louée pour sa beauté et ses talents d’éducatrice, elle transmettra ses dons à sa nombreuse progéniture. Les uns et les autres seraient à l’origine des premières villes du Royaume Kongo.

Les premiers explorateurs européens ne comprirent pas bien la complexité, tant géographique que politique, de cet « empire », le découpant arbitrairement en districts plus qu’approximatifs. Souvent même, ces chroniqueurs réduisirent le territoire Kongo aux seules dimensions de sa province capitale, Zita-Dya-Nza (le « nœud du monde »), dont le chef-lieu était Mbanza Kongo. L’historien Raphaël Batsîkama, en se fondant sur plusieurs sources, peut « avancer que le Royaume du Congo s'étendait entre la latitude 1 1/2° Nord et la latitude 22° Sud, du 24° de longitude Est à l'océan Atlantique. Il atteindrait une superficie dépassant les 2 500 000 km² ». C’était un royaume riche et prospère.

L’arrivée, en 1482, de l’explorateur portugais Diego Cao si elle ouvre à des échanges commerciaux, amène aussi des relations de domination, les trafics négriers. Le royaume Kongo s’en trouve affaibli et, petit à petit, sombre dans l’oubli.

 

Quizz n°1 : Dans quel pays se trouve Mbanza Kongo ?

Pour nous trouver :

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1 CERFROID
02810 BRUMETZ

 

Téléphone : 03 23 71 40 30

 

Thierry Goguel Ethnologue

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